Arnaud Gallizia

Avant les cendres

Exposition à la Galerie
jusqu'au 10 janvier 2017

Né en 1986, Arnaud Gallizia est un artiste autodidacte dont la pratique s’articule autour du fusain. C’est à partir de bois communs ou exotiques qu’il récolte - tels que le bouleau, le tilleul, le pin ou l’ayou - qu’il produit ses propres fusains. Dans ses dessins réside une dimension sculpturale ; comme le sculpteur, il semble enlever de la matière. Il grave la lumière dans son empreinte en négatif sur le papier, et cherche à révéler ce qu’il y a derrière. Il s’agit pour lui de « tailler le papier comme un diamant, au profit d’une figuration comme radiographée. »

 

C’est pour fabriquer ses propres fusains qu’il construit son premier four de cuisson à l’étouffée. « Un feu sans la flamme ». Dans des cuves en acier, il cuit à haute température des bois de son choix afin de produire des fusains aux qualités différentes. Selon la nature du bois - tendre ou dur - selon sa partie - écorce ou cœur - et enfin selon le temps de cuisson, chaque bois révèle une valeur de noir qui lui est propre. Après le bois brut ont suivi la dentelle, l’ivoire, la musique, et d’autres objets plus communs qu’il récolte de la même façon. Des morceaux choisis carbonisés, révélant à leur tour des valeurs de noir qui leur sont propres. « A la sortie du four, l’objet carbonisé crépitait encore, continuait à raconter sa vie. Il était comme réenchanté. Alors d’outil, le fusain s’est imposé comme sculpture. »

 

Il agrandit alors la taille de ses fours jusqu'à proposer un « fusain de piano droit », cherchant à fixer le dernier état « avant le silence des cendres ».  Le résultat, que l’on pourrait croire accidentel, a le dénouement d’une désacralisation, une impossibilité de retour à sa fonction initiale. « Hors-service ».

 

L’objet détourné se voit alors révéler par la carbonisation une existence parallèle. L’expression dernière de son existence. « Une mort rendue présente, une ombre sensible. »

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©Institut Culturel Bernard Magrez - 16 rue de Tivoli, Bordeaux