Art brut

Théâtre d'une vie

Conférence - pièce de théâtre
Lundi 29 mai 2017, 20h
Aurélie Capéran - l'artiste  
Bernard Pivot - l'écrivain
Stéphane Corréard - le critique d'art
Christian Berst - le galeriste
Pierre Cornette de Saint Cyr 

Beaucoup de parents sont prêts à tout pour décourager leurs enfants de devenir artistes. Mais c'est une expression imagée, « prêts à tout ». Peu, en effet, c'est heureux, vont jusqu'à tenter de les assassiner. C'est pourtant ce qui est arrivé à Aurélie Capéran, dont le père a planifié la disparition, en même temps que de ses frères. Soyons rassurés ; c'est le père qui finalement s'est évanoui dans la nature, loin de la France.
Soyons justes ; cet épisode tragique n'a rien à voir a priori avec la vocation artistique d'Aurélie Capéran. Même si elle avait déclaré, crânement, à l'âge de six ans, qu'elle voulait devenir peintre.
Ni cause ni conséquence, alors, cette expression paroxystique de l'autorité paternelle ? Qui le saura ? Aurélie Capéran, en tout cas, est devenue peintre, peintre et poète, par tous les pores de sa peau à si peu de choses sauvée, de tout son souffle à jamais oppressé.
On définit parfois l'Art brut par cette pirouette : nul ne saurait le définir, mais chacun le reconnaît quand il y est confronté. Car l'art est comme l'eau : on peut tenter de le réprimer, l'empêcher, l'étouffer, il jaillit toujours quelque part, même ou surtout aux endroits où on l'y attend le moins.
C'est dans sa cuisine que, longtemps, l'art d'Aurélie Capéran s'est autorisé à jaillir. C'est donc dans sa cuisine que nous la retrouverons, le temps de cette conférence théâtralisée. Coincée entre deux figures paternelles, bienveillantes mais non dénuées de charisme, incarnées par Bernard Pivot et Pierre Cornette de Saint Cyr, Aurélie Capéran devra y répondre de son art et de sa vocation, et de sa proximité avec ce que l'on nomme, faute de mieux, l'Art brut.
Nous nous efforcerons de mettre sur scène, dans toute sa puissance nue, cet étonnant engagement total que l'art exige de ceux qui ne sont « bons qu'à ça », pour reprendre le mot de Beckett. Car si « être ou ne pas être » est la grande question de nos vies, « être et ne pas être » est nécessairement la réponse.


Stéphane Corréard

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