Borondo

Né en 1989 en Espagne, Gonzalo Borondo est un artiste qui a grandi à Ségovie (Castille-et-León). Enfant, il s’éprend du dessin et étudie auprès d’un vieux professeur la peinture à l’huile et les maîtres espagnols classiques comme Goya, imprégnant son style figuratif. Adolescence, il expérimente le graffiti dans la rue et sur les trains. Fasciné par les lieux publics, il les envisage comme de pertinents espaces de communication. Son travail s’affirme après son installation à Madrid, lorsqu’il s’intéresse de plus près aux silhouettes humaines et particulièrement à l’expression des visages. Il s’oriente vers une formation académique, à l’école des Beaux-Arts, où il apprend les techniques de la peinture à l’huile et le fusain. Au cours de cette formation, il s’envole pour une année à Rome à l’Accademia di Belle Arti. À son retour à Madrid, peu satisfait de sa progression artistique, Borondo délaisse son cycle et se consacre pleinement à son travail personnel et à ses voyages. Il découvre le travail des street artistes : Banksy et Blu, avec un faible pour Ernest-Pignon Ernest. Convaincu qu’une autre voie dans le street art est possible, il s’emploie à casser les codes en vigueur et s’affranchit de la culture Pop et Hip Hop dominante. Il développe un style figuratif singulier qui met en scène des personnages énigmatiques évoluant dans un univers mystique et inquiétant.

 

Lui qui se définit comme un « poète des rues », il défend quiconque d’intellectualiser son travail qu’il aime spontané et intuitif. De plus en plus reconnu sur la scène internationale, Borondo a déjà été présenté à la galerie 999 de Rome, pour une première exposition solo intitulée « Portrait Study ». Il est également publié dans de nombreuses revues spécialisées telles que Street Art News, Hi-Fructose Magazine et Street Art Utopia.

Sa parfaite maîtrise des mediums lui permet de présenter des créations très variées et singulières. La fluidité dans les couches de peintures, non sans rappeler ses maîtres classiques, confère aux visages de ses créatures fantomatiques une palette d’émotions allant de la mélancolie à la tristesse. Efficace dans le geste, le rendu est à la fois puissant et poétique jouant avec l’ombre et la lumière. Des visages, des figures et des corps apparaissent alors. Des scènes de vie, des personnages au bord du monde. La mise en relief est parfois frappante. Et pourtant, les silhouettes savent rester discrètes. « Elles doivent faire partie du lieu […] On ne peut pas arriver dans un endroit et poser une œuvre flashy, bien préparée comme cela. Il faut dialoguer avec le lieu, rester à sa place, discret. Il y a déjà trop de pubs dans les rues »

Borondo réinvente depuis plusieurs années le street art, boudant la traditionnelle sérigraphie au profit de nouvelles techniques. Tout comme l’artiste portugais Vhils et ses coups de pioche et de marteau-piqueur, il délaisse parfois les bombes aérosols ou les rouleaux de peinture et créé un nouvel univers à la force du grattoir. En effet, le madrilène expérimente une nouvelle technique consistant à gratter les vitrines délaissées des commerces. « L’Espagne est durement touchée par la crise économique. Les rues commerçantes tirent leurs rideaux de fer, alors j’en profite pour réveiller des créatures étranges et fantomatiques sur ces vitrines à l’aide de grattoirs. » Cette technique, dite glass scratching (qui signifie littéralement « grattage de verre »), ouvre de nouvelles perspectives au street art et réinvente le genre. « Je trouve ça assez poétique, le verre à quelque chose de magique », témoigne Borondo.

 

L’œuvre présentée est un assemblage de différents types de bois. Planche, parquet, cadre et aggloméré sont assemblés de manière disparate, sur lequel Borondo a dessiné la silhouette d’un homme qui semble désemparé. Le haut du corps est réalisé de manière réaliste avec des nuances créant des effets d’ombres, tandis que le bas du corps est plus estompé, on devine l’ossature de la colonne vertébrale et du bassin. Le point central de cette œuvre est matérialisé par une corde nouée, pouvant représenter le cœur noué de cet homme peut-être empli de désarroi.

Œuvre acquise :

-Sans Titre, Assemblage, technique mixte sur bois, 157 x 95 cm

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©Institut Culturel Bernard Magrez - 16 rue de Tivoli, Bordeaux