Chiharu Shiota

L’œuvre de Chiharu Shiota, mêlant performance, body art et installation, place le corps au centre de sa pratique sculpturale. Elle s’est fait connaître par ses vastes environnements en fils de laine noirs, rouges et blancs qui emprisonnent des objets évocateurs – robes, ailes d’ange, instruments de musique. Sa série d’installations débutée en 1996 sous le titre générique : State of Being (en français « état d’existence »), sonne comme un thème philosophique. Les objets, flottants, sont comme libérés de leur utilité première, nous renvoyant à des visions poétiques et sentimentales, comme s’ils tentaient de retenir un souvenir. Le réseau graphique qui connecte les éléments évoque la puissance des liens interpersonnels, l’inévitable dépendance du sujet à ses racines, autant de relations mises à mal par l’individualisme de la culture occidentale contemporaine.

« Les fils sont tissés l’un dans l’autre. Ils s’enchevêtrent. Ils se déchirent. Ils se dénouent. Ils sont comme un miroir des sentiments », écrit Chiharu Shiota. Pour créer l’oeuvre exposée ici, l’artiste a passé et enroulé les fils autour et à l’intérieur du cadre, en lignes géométriques entrecroisées, jusqu’à envahir l’espace entier : « J’ai commencé par la peinture. Ensuite, j’ai voulu peindre l’air en trois dimensions, avec du fil noir, de préférence comme un trait de crayon », explique l’artiste.

 

Née à Osaka au Japon en 1972, Chiharu Shiota vit et travaille à Berlin depuis 1997. Elle a suivi des études à l’Université des Arts de Berlin puis à l’Université des Beaux-Arts d’Hambourg et a travaillé dans l’atelier de Rebecca Horn. Son langage artistique s’est nourri des influences des précurseurs Louise Bourgeois, Eva Hesse, ou Ana Mendieta.

Chiharu Shiota a performé et exposé dans le monde entier. Son travail a été montré lors des Biennales de Séville (2004), Moscou (2011), Busan (2014) et Sydney (2016), et exposé notamment à la Neue Nationalgalerie (2006), au Mori Art Museum (Tokyo, 2014), au Kunstsammlung Nordrhein Westfalen de Düsseldorf (2015). En 2015, elle représente le Japon lors de la Biennale de Venise, avec une installation très remarquée The Key in the Hand En France, elle a exposé à la maison rouge (Paris, 2011), à la Sucrière à Lyon (2012), au Carré d’Art Sainte-Anne de Montpellier (2013) et au Bon Marché à Paris (2017). Elle participera aux célébrations du 500ème anniversaire de la ville du Havre avec une grande installation in situ créée pour l’Eglise Saint-Joseph, conçue par l’architecte Auguste Perret.

Œuvre acquise :

-State of Being Violin, 2011, Violon , métal, filet, 70 x 35 x 35 cm

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©Institut Culturel Bernard Magrez - 16 rue de Tivoli, Bordeaux