Jean-Michel Othoniel

Œuvres acquises :

-Géométrie Amoureuse, 2004, Verre de murano, aluminium, acier, 245 x 70 x 70 cm

-Bottle of tears, 2011, Verre de murano, eau, 40 x 20 x 20 cm/ 36 x 16 x 16 cm / 22 x 10 x 10 cm

-Sans titre ( collier Mica), 2012, Verre de Murano, mica, acier, 250 x 50 x 20 cm

-Le Nœud de Babel, 2013, Verre miroité, inox, 195 x 130 x 125 cm

Quoi de plus fragile que le verre ? Quoi de plus fabuleux qu'élaborer des formes infinies à partir de quelques matériaux grossiers (le verre est la fusion de silice, de soude et de chaux) ?

 

Cette alchimie, cette transformation, les verriers de Murano la vivent quotidiennement. Et pourtant, même dans leurs rêves les plus fous, ils n'avaient sans doute jamais pensé qu'avec ce sable qu'ils transforment habillement, colorent puis sculptent, Jean-Michel Othoniel (né en 1964) en élaborerait des sculptures. Tout comme l'était le défi de l'érection de la tour de Babel évoquée dans la Genèse (11. 9-11), cette sculpture de Jean-Michel Othoniel défie les lois de l'attraction et se veut un lien entre mondes aériens et terrestres :  la tour de Babel était censée atteindre le ciel et les perles de verre arrivent ici à s'extraire du sol et à défier la loi de la gravité.

 

Pour réaliser ces colliers de perles entrelacées, la participation de nombreux artisans a été nécessaire et l'artiste reprend ici l'idée d'une langue commune, voire universelle puisque dans ce passage de la Genèse, les hommes parlent encore la même langue. Ces principes sont essentiels pour l'artiste. Revendiquant un retour des métiers d'art dans la création, il ne cesse de travailler avec les verriers de Murano depuis 1993 et poursuit ainsi une tradition chère à cette ville, faire le lien entre différentes cultures, construire du beau à partir de rien, ne pas donner à voir la difficulté que cela représente, tendre à un idéal d'absolu, de fusion, tant des matériaux que des êtres. En effet, comment ne pas voir aussi dans ces perles de verre à la fois solides, transparentes, douces, presque sensuelles une évocation de la sublimation de l'amour. D'ailleurs ces nœuds, si on les regarde attentivement, ne seraient-ils pas plutôt des cœurs ?

 

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