Pierre et Gilles 

Pierre et Gilles se rencontrent en 1976 à un moment où la pratique photographique est encore fortement gouvernée par les codes de l’art conceptuel ou du geste documentaire. Une certaine rigueur est mise en avant par l’usage du noir et blanc et le bannissement de la subjectivité.

 

Loin de cette tradition, les  activités artistiques de Pierre et Gilles convergent autour d’une envie commune : mêler peinture (Gilles) et photographie (Pierre) dans un grand mouvement de synthèse colorée, que l’on a pu qualifier de « néo-pictorialisme ». A travers le pastiche, le travestissement, tout un pan de la production artistique des années 1980 va progressivement s’éloigner de l’abstraction pour réaliser des œuvres à la fois osées et maniéristes, conscientes des codes de la représentation avec lesquels elles jouent.

 

S’inspirant d’une  iconographie fortement imagée, celle d’un baroque ostentatoire parsemé de références bollywoodiennes, bibliques ou mythologiques, le travail de Pierre et Gilles prend sa source dans une culture populaire qu’il s’agira de remettre en scène. Les passerelles qu’ils ont contribué à construire entre le monde de la mode, du spectacle et de l’art ont par ailleurs fait d’eux des pionniers. Leurs premières photographies retravaillées à la peinture, dans les années 1970 et 1980, proposent, dans une gamme chromatique violente, des mises en scène à la fois fantasmatiques et identifiables.

 

C’est le genre bien connu du portrait qui retient leur attention et auquel ils vont donner un tour subversif : érotisées, maquillées, idéalisées, les figures qui peuplent l’univers de Pierre et Gilles ne semblent pas tout à fait humaines. C’est le cas ici, le modèle, Olivier  Theyskens, styliste belge, dérange bien entendu toutes les règles : le regard provoquant, la jeunesse affirmée, les mains ensanglantées, le fond kitsch sur lequel il s’inscrit pastichent avec désinvolture la représentation canonique de Gustave Courbet. Pierre et Gilles se sont fait une spécialité de ces citations, reprises d’images pieuses ou iconiques.

Œuvres acquises :

-Le désespéré, 2013, Photographie peinte, 115 cm de diamètre

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©Institut Culturel Bernard Magrez - 16 rue de Tivoli, Bordeaux