Seth

Habile pour s’adapter à son environnement, Seth s’adapte maintenant au support de la toile. Il se la rapproprie en jouant sur la matière, y mélangeant peinture au spray et à l’acrylique, jouant sur les références de la culture urbaine : murs, tags, vêtements. Ses personnages se croisent, se mêlent et se rencontrent en échappant toujours au regard du public, comme insaisissables. La dynamique du travail à la bombe contraste avec leur immobilisme apportant à la toile une énergie toute particulière. Comme dans la rue, le hasard a toute sa place dans ses œuvres. L’utilisation d’un acrylique très aqueux fait naître des formes oniriques avec lesquelles l’artiste va développer son univers.

 

En 1988, Julien vient de fêter ses 16 ans lorsque ses parents se séparent. « Mon père, n’était plus à la maison. La bride avait lâché. J’ai commencé à boire, à fumer, à sortir et puis les filles… Je me souviens très bien d’une nuit, bourré où on avait fait le mur du lycée pour tout tagguer de conneries. » C’est l’époque où le hip hop se démocratise en France. Les tags et les graffitis fleurissent sur les murs de son quartier, les ados se regroupent en bandes où chacun a son pseudo et arbore les signes distinctifs de son Crew (gang). On entend les premiers groupes de rap français sur les ondes, une nouvelle mode déferle en France. « J’écoutais plutôt du Punk Rock et de la New Wave mais un jour un pote me passe une cassette. Sur une face RunDMC et l’autre les Beastie Boys, en une écoute je suis passé du Rock au Rap. »

Fasciné par l’énergie de cette culture, Julien commence à répertorier les tags et graffitis qui envahissent les murs de sa banlieue. Il s’attarde sur les peintures des PCP, TSA, TCR, LST. Le jeune homme descend, la nuit, dans les catacombes avec ses potes, se balade sur les toits de paris la nuit, et parcourt Paris en roller accroché aux voitures « On faisait tout ce qui était interdit. »

Lors d’un week-end à Amsterdam il découvre Subway Art, « la bible » pour les graffeurs qui présentait les meilleures années du graffiti new-yorkais sur métro. Il commence à recopier les lettrages et les personnages qui les accompagnent et s’essaye modestement au tag ; Spirit1, Yost et d’autres pseudos oubliés aujourd’hui. « On traînait tout le temps. Sur les rails à Montparnasse, dans les squats, les terrains vagues … » Mais il laisse rapidement tomber faute de talent et d’amis assez motivés pour l’accompagner.

Œuvre acquise :

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©Institut Culturel Bernard Magrez - 16 rue de Tivoli, Bordeaux